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vendredi 13 avril 2012

Lire le Paysage


© Anne Immelé, La série des lacs

Les Cahiers de l’école de Blois n° 10

Lire le Paysage

Considérer le paysage comme un texte ou une partition qu’il faut lire, c’est envisager la totalité des régimes de signes qu’il produit. Le promeneur, l’historien, l’archéologue, l’architecte, l’ingénieur, le photographe, l’écrivain : chacun lit le paysage à sa façon, chacun en retient ou en souligne des traits saillants ou discrets, et c’est pourquoi on les rencontrera tous dans ce numéro 10 des Cahiers de l’École de Blois, où ils accompagnent idées d’intervention et projets. Non exhaustif, ce feuilletage des approches n’a de sens qu’à revenir sur l’amplitude de tout ce qui relève du paysage, et à sonder l’épaisseur et la complexité qui, en tout site, déterminent les conditions mêmes de la levée du projet.

Format: 225 x 260
110 pages
Broché
ISBN: 978-2-915456-70-7

lundi 13 février 2012

W.G. SEBALD. POLITIQUE DE LA MÉLANCOLIE



JEAN-CHRISTOPHE BAILLY AUSTERLITZ, JOURNAL D'UNE RELECTURE
29 FÉVRIER, 18H30, PETITE SALLE, CENTRE POMPIDOU
" L'idée est celle d'une approche latérale, comme si un livre était un quai auquel on accostait. Et le lieu d'un retour: ce dont on se souvient et ce dont on ne se souvient pas. Comment la relecture gagne peu à peu sur l'oubli tout en s'en nourrissant. Comment ce livre bouleversant qu'est "Austerlitz" se dépose en celui qui fait l'expérience de sa relecture."

Une programmation de Muriel Pic en écho à l'exposition W, SEBALD FICTION : « Depuis sa disparition en 2001, l’écrivain allemand W.G. Sebald a acquis une renommée internationale qui touche autant le grand public que les intellectuels et les artistes. Grâce à son usage de l’image trouvée et de la collection, son recours au document et au montage, sa prose porte notre attention sur les impondérables de l’histoire pour mieux résister à l’oubli. Sebald, qui ne conserve de Winfried Georg que les initiales, et se fait appeler Max par ses amis, s’exile dès 1966 en Grande- Bretagne. De ce pays, il hérite l’art de la fiction policière, l’humour noir et le goût du fantomatique. Sa mélancolie, elle, inextinguible, demeure comme sa langue enracinée dans son pays d’origine : avec une lucidité sans faille, Sebald pose à l’Allemagne la question de sa mémoire après la Seconde Guerre mondiale. Davantage encore, c’est à notre volonté de destruction que s’adressent les poèmes, essais et récits d’un auteur dont pas une ligne ne déroge à sa politique de la mélancolie. Politique, parce que se saisir de l’épineuse question éthique et vivre avec le risque de la mémoire, c’est s’interroger sur l’organisation sociale du malheur. Mais aussi se donner une chance, malgré un déterminisme des rapports de force, de penser l’organisation sociale du bonheur. Mélancolique, parce que les yeux écarquillés face à la démesure de la catastrophe, Sebald avance vers notre passé et nous intime de comprendre autant que de devenir. »
UN NOUVEAU FESTIVAL / TROISIÈME ÉDITION DU 22 FÉVRIER AU 12 MARS 2012 AU CENTRE POMPIDOU. Avec Muriel Pic, Martine Carré, Jean-Christophe Bailly, Martin Rueff, Ulrich von Bülow et Jürgen Ritte. RDV les 23-02 / 27-02 / 29-02 / 1-03 / 02-03 / 08-03

mardi 1 décembre 2009

Jean-Christophe Bailly, "L'Instant et son ombre"

The Haystack, Pencil of Nature de W. H. Fox Talbot

A partir des premières images photographiques de W. H. Fox Talbot et de celles du souffle fixateur de la bombe atomique à Hiroshima, Jean-Christophe Bailly mène une réflexion sur la présence de l'ombre dans la photographie et son articulation avec l'apparition de l'image photographique. Cette conférence présente les problématiques développées dans le livre "L'Instant et son ombres" (Le seuil, 2008). L'une des 24 planches du Pencil of Nature de W. H. Fox Talbot, le premier livre de photographies jamais publié, montre une meule de foin contre laquelle est posée une échelle dont l'ombre se découpe avec netteté. De cette photographie émane une force singulière, qui permet d'interroger l'apparition de l'image, et ce qu'elle garde du temps qui s'écoule. L'ombre portée est, dans ce cadre, l'objet d'un vertige tout particulier. Qu'est-ce qu'une prise photographique, qu'est-ce qui s'y dépose ? À partir des images de Talbot, mais aussi de celles de Hiroshima et de l'homme soufflé, Jean-Christophe Bailly élabore un véritable récit de formation qui interroge la puissance fictionnelle de ces apparitions. Entre la paix de la campagne anglaise et la violence anéantissante de la bombe atomique, c'est tout le destin de la photographie qui se joue.
Écrivain, éditeur, essayiste, poète et philosophe, Jean-Christophe Bailly est né en 1949 à Paris. Proche des recherches sur le théâtre, la peinture, l'architecture ou encore l'urbanisme, il travaille régulièrement avec des metteurs en scène (Georges Lavaudant, Gilberte Tsaï, Klaus Michael Grüber,...), et des peintres. Il enseigne à l'Ecole Nationale Supérieure de la Photographie d'Arles, et à l'Ecole Nationale Supérieure de la Nature et du Paysage de Blois. Outre ses textes littéraires et philosophiques, Jean-Christophe Bailly a publié plusieurs monographies sur des artistes contemporains et de nombreux essais sur la peinture, l'architecture et le théâtre. Parmi ses principaux ouvrages, citons Regarder la peintureLa ville à l'oeuvre,  La Légende dispersée, La Comparution (avec Jean-Luc Nancy),  Le Champ mimétiqueL'apostrophe muette,  Le Versant animal et L'atelier infini: 30.000 ans de peinture. L'Instant et son ombre est son premier essai sur la photographie.
Conférence de Jean-Christophe Bailly,
Invité par Anne Immelé,
salle Jean Besse de La Filature, scène nationale de Mulhouse

4 février 2009 à 18h entrée libre